La ligne de Vie

Bienvenue sur la "ligne de Vie".

De quoi s'agit-il ?

D'un premier emprunt au jargon du sapeur-pompier, recyclé au fil de mes expériences, de mes lectures, de mes recherches  et de mes écrits, afin de permettre à chacun de retrouver du sens à son quotidien.

Une petite explication de texte s'impose : Avant d'évoquer la "ligne de vie", intéressons-nous à son ossature : la "ligne-guide".

Une ligne-guide, est une sorte de fil d'ariane que les hommes du feu déroulent et sur laquelle ils viennent se relier au moyen d'une "liaison personnelle", lorsqu'ils partent à la recherche d'un foyer d'incendie, à l'intérieur des bâtiments qu'ils explorent. Cette ligne-guide est d'abord solidement attachée à l'extérieur du bâtiment et permet à ceux qui progresseront dessus de s'aventurer vers l'inconnu en ayant l'asssurance à tout moment de rebrousser chemin si les circonstances l'imposent. Afin de mieux s'y retrouver, des petits repères tactiles sont disposés à demeure sur cette ligne, en forme de noeuds, ou d'olives, et permettent également de calculer la distance parcourue. Il est intéressant de noter que l'ensemble "Ligne-guide + Liaison personnelle" constitue ce que l'on nomme "la ligne de vie".

Aussi ce blog est destiné à mettre en oeuvre cette modélisation. Chaque post qui sera proposé aura pour vocation de représenter une de ces fameuses olives. Vos commentaires feront le reste, et surtout me permettront de poursuivre le déroulement de la "ligne-guide", au gré de mes inspirations. Ainsi la "ligne de Vie" sera bien une oeuvre collective, grâce à votre collaboration. Je ne doute pas qu'elle puisse alors permettre d'en guider plus d'un en proie à ses propres questionnements.

 A chacune et chacun de ceux qui vont "oser" s'engager sur cette "ligne-guide", permettez-moi d'abord de vous remercier car ce blog sera ce que , ENSEMBLE, nous en ferons. Je vous souhaite une belle et sereine exploration...

                                                                                                 Nicolas Goudenove, Fire-Coach

Remerciements à un mentor bienveillant

"Mais que diable allait-il faire dans cette galère ?" .

C'est cette réplique d'une pièce de Molière qui remonte à la surface de mes souvenirs de collégien de 5ème, et qui me semble bien appropriée pour commencer à évoquer les premières impressions et les peurs associées de se retrouver dans la posture de "leadership" sans l'avoir demandé par un "mentor" bien intentionné et attentionné, et très motivé. Pas facile. Dans un premier temps, après avoir énoncé un premier refus, j'ai pris la décision d'accepter ce défi challenge. Non pas pour me distinguer de mes camarades, mais parce que j'ai "senti" une irrésistible envie de sortir de ma zone de confort. D'ailleurs cette expression ne me convient pas tant. Je préfère la notion plus rassurante et plus optimiste de me dire qu'en fait, je souhaite élargir ma zone de confort. Partir en voyage, faire de multiples et nouvelles rencontres. Et notamment poursuivre d'écrire, tôt le matin, de bonheur et de bonne humeur. Alors une fois de plus merci mon cher mentor de me permettre de me livrer à cette petite gymnastique matinale. J'aime particulièrement les premières heures, celles qui succèdent au lever physique pour me livrer à cette pratique. Je parle de lever physique car en réalité ce sont les mots qui me sortent du lit. Ceux qui me parviennent et m'indiquent qu'il est temps de les poser, afin de les soumettre à d'autres regards que le mien. C'est aussi un bon moment que je m'accorde dans la roue de mes "domaines de vie". A chacun son organisation. Il n'y a pas d'heure pour se payer une part de camembert. Un peu d'égoïsme, mais attention à l'égocentrisme qui n'est jamais très loin de ce dernier. Ce qui importe c'est désormais que je m'y retrouve. Il faut dire qu'avec presque trois décennies consacrées à me rendre au secours d'autrui et ce quelle que soit l'heure du jour où de la nuit, mon domaine personnel a été largement piétiné. A coups de bottes d'incendie en plus. C'est du lourd, mais c'est surtout parce que je l'ai bien voulu et surtout passionnément entretenu. C'est ainsi, aucuns regrets, juste des progrès à effectuer. C'est pour ça que j'ai relevé ce défi, afin de maintenir un cap, tenir la barre de ma propre destinée, contre vents et marée, mais surtout afin de donner du sens et du plaisir à ce que je fais, ce qui m'anime, celui que je suis. Attention, "suivre" et "être" ont la même conjugaison à la première personne. Soyons donc vigilant...et bienveillant aussi à l'égard des uns et des autres. Les guides, les mentors, les maitres, les élèves, les coachs, les co-coachs...en fait celles et ceux qui font partie de nos différents domaines de vie respectifs. Là est l'enjeu. Et qui dit que nous ne soyons pas tous, à différents moments de nos tranches d'âge, dans ces différentes postures et selon le domaine de vie concerné ? Voilà pourquoi ma conviction profonde à ce jour est que nous ne sommes qu'un. Et lire et lier s'écrivent avec les mêmes lettres n'est-ce pas ?

Tout autant que re-lire et re-lier ! Ah le pouvoir magique de l'écriture.

Alors ce départ en voyage me direz-vous ? Qu'en est-il ?

Pour dire vrai il a failli s'échouer lors des premières manœuvres de la sortie du port. C'est un peu comme sur un avion, ce n'est pas que le vol qui est délicat, mais aussi les phases de décollage et d'atterrissage, c'est un tout et petite parenthèse au pas-sage, le tout vaut bien plus que la somme des parties qui le composent...et là ce n'est pas un avion ni même une petite barque qui a quitté ses amarres, mais une fusée, un satellite lancé par un mentor chevronné...Il fallait donc un grain de folie pour dire OUI sans savoir, et je l'ai trouvé comme le germe d'une sagesse que j'ambitionne de cultiver. Sachez qu'une sorte de yin et de yang m'anime entre folie et sagesse...et j'adore ça. Alors passés les premiers maux de mer, lorsqu'il a fallu remonter l'ancre et jeter l'encre sur ce défi, la bonne nouvelle est qu'à présent le phare du port est derrière et qu'il fait bon prendre le large...Des petites chaloupes sont encore disponibles à tout moment pour accueillir des marins intéressés pour prendre part à ce voyage. Et puis des liens vont continuer de se tisser de forums à forums, de salons en salons, de rencontres en rencontres, pas d'inquiétude, et surtout, place à l’inattendu.

Direction la zébritude...c'est un endroit peuplé de drôles de bestioles parées de rayures et qui parlent un curieux langage ...Je vous en dirai un peu plus la prochaine fois...à moins que quelqu'un veuille bien s'exprimer sur ce sujet ? Sortir du troupeau ?

 

Ulysse, Report’Air de Paix

Heureux, qui comme Ulysse ...

Cher Mentor, cher équipage, chers lecteurs…

Ca y est, les voiles sont gonflées par le vent qui se montre plutôt favorable depuis la sortie du port. J’ai été bien pris ces derniers temps avec les manœuvres réglementaires de la navigation, et à présent que je souffle un peu et que l’équipage semble encore endormi, je veux vous raconter une petite anecdote que j’ai failli oublier. Alors que nous laissions derrière nous la jetée, j’ai aperçu un vieil homme sur une frêle embarcation qui venait à notre rencontre. Comme nous n’étions pas encore lancés à pleine vitesse, il lui fut facile d’accoster et nous avons pris un peu de temps pour faire connaissance. Il s’est présenté comme le gardien du phare, et surtout m’a dit qu’il avait eu vent par Eole du défi de ce navire du plaisir et du sens lancé par un certain Chafiq. Il ne s’est pas gêné au passage pour me faire remarquer que plus d’une fois nous allions passer pour des fous à nous embarquer dans une telle galère, dans de grands éclats de rire. Que cela aussi ferait partie des aléas du voyage. Mais ce rire n’avait rien de moqueur. Non, c’était de la joie, et dans chaque éclat je le voyais rajeunir un peu plus. Sans aucun doute, lui aussi avait dû vivre de sacrées aventures à l’époque des règles anciennes qui apparaissaient comme nouvelles en son temps , et dépassées aujourd'hui.

Has been ? Kitsch ?

J’aurai aimé passé des heures en sa présence, à le dévisager et chercher à en savoir davantage sur ce vieux loup de mer, mais c’est lui qui me rappela que je devais reprendre le cap vers la Zébritude.

 « Je ne peux rien faire pour toi », me dit-il, « c’est à toi de faire ce voyage ». Me tendant le bras, je crus qu’il voulait me serrer la main, mais en guise d’au revoir, il déposa un petit livre « à lire par temps d’accalmie…entre deux tempêtes » me dit-il, avant de disparaitre mystérieusement. D’un seul coup, plus de vieillard, plus de frêle embarcation, et au même moment la lumière du phare à quelques miles qui s’allumait et semblait nous saluer.

Voilà...était-ce un songe ? était-ce un délire de ma part ? Je finissais par le croire lorsque j’ouvris la main et tombais sur ce titre :

« FAIRE LA PAIX », de Jean-Yves LELOUP, un autre vieux loup de mère ?

Je ne peux donc résister à la tentation de vous conter ce premier extrait découvert en ouvrant les pages, au hasard…

Lisa et Léo, la jardinière et le lion 

« Tous les lions n’ont pas une jardinière pour marraine. Léo, le lion, lui, en avait une. Elle avait comme lui une belle crinière, des taches de rousseur et de grandes mains très pratiques pour tenir les râteaux et tirer la brouette.

Lisa était jardinière, la reine des betteraves, la princesse du radis, la femme au persil toujours frais, certainement la fille d’un mandarinier ; surtout, elle était la marraine de Léo. C’est un dompteur à la retraite qui le lui avait confié quand le cirque avait fait faillite, parce que aujourd’hui les gens ne vont plus au cirque, ils regardent la télévision et mangent des cacahuètes volées aux singes du cirque.

Lisa ne regardait pas la télévision, elle allait au jardin, même la nuit, car elle avait une relation très particulière avec la Grande Ourse et la Croix du Sud.

Son jardin était aussi le ciel, elle se demandait toujours : comment fait-on pour planter une étoile ?

Quand la lune était pleine, elle restait là longtemps à regarder la nuit ; c’est ce qu’elle préférait faire dans la vie ; être là avec Léo à regarder… même quand il n’y avait rien à voir, elle regardait …, c’est Léo qui lui avait appris à fixer le vent et à regarder en coin tout ce qui bouge.

Lisa aimait Léo plus que tout au monde, même le soleil n’était rien à côté de la chaleur de Léo, même la mousse qu’elle aimait tant n’était rien à côté de la peau rude de son vieux lion …

Elle l’aimait tant que chaque jour elle lui préparait ce qui, pour elle, ne pouvait être que le meilleur repas du monde … Ah ! les carottes, les merveilleuses carottes fraîchement râpées, les poireaux, la soupe de mangue et d’ananas, la pomme de terre entourée de céleri et de noix de cajou, et surtout l’énorme salade, « la reine du jardin pour le roi de mon cœur », disait-elle, juste avec un peu de citron, pour ne pas grossir …

Avec un tel festin, c’est sûr que Léo ne prenait pas de poids, il gardait la ligne ! Lisa préparait le repas chaque matin avec tant d’amour qu’il n’osait rien lui dire ; d’un coup de patte habile, quand Lisa avait le dos tourné, il jetait tout cela dans le fossé le plus proche …

Quand on a de si fortes canines, que peut-on faire avec le meilleur plat de légumes du monde ?

Léo avait honte de le rêver, Léo le rêvait quand même, il rêvait d’un pâté de chien, même pas d’un filet mignon …

Lisa, s’étonnant de voir Léo chaque jour un peu plus maigre, lui prépara de grandes marmites de fèves et de choux … Elle n’avait plus qu’un souci, celui de le nourrir le plus et le mieux possible. Elle ne ménageait pas ses efforts, au jardin elle semait de nouvelles graines, à la cuisine elle inventait les meilleures sauces : le mélange de tomates, orge et piment était une de ses grandes réussites ; un ami pasteur qui était de passage y avait goûté et y avait reconnu, « je vous jure », le goût du paradis …

Pour Léo, toutes ces saveurs merveilleuses étaient un enfer : que pouvait-il se mettre sous la dent ? Un rat, un chat, un serpent auraient fait l’affaire, il ne demandait pas une biche ou un gnou, même si c’est bien cette image-là qui lui torturait les entrailles.

Malgré tous ses soins, Lisa dut le reconnaître, Léo, son lion adoré, était malade.

Bien qu’elle ne fît aucune confiance à la médecine, elle dut se résoudre à appeler le docteur Lanktot, vétérinaire. Quel ne fut pas son étonnement quand celui-ci lui apprît : « Madame la jardinière, votre lion meurt de faim … »

Elle éclata en sanglots avant de se mettre en colère : « Mais docteur, ce n’est pas possible, je travaille jour et nuit pour le nourrir, je lui donne tout ce que j’ai de meilleur, je lui donne tout …

-   Madame Lisa, gentille jardinière, vous lui avez tout donné, mais lui n’a rien reçu … Regardez tous vos festins, vos tonnes de soupes, vos grandes salades, elles sont toutes dans le fossé. Vous lui avez donné le meilleur, lui n’a jamais reçu que le pire ; il attendait de votre amour quelques viandes grasses, quelques ragoûts dont il aurait délicatement évité le persil, un civet dont il aurait doucement recraché les carottes que vous n’auriez pu vous empêcher d’y mettre … On ne nourrit pas un lion comme un lapin, madame Lisa. Il faut vraiment que Léo vous aime : moi à sa place, plutôt que de mourir de faim, je vous aurais mangée. »

(C’est vrai que le vétérinaire était plus méchant qu’une bête, mais même une bête aussi douce que Léo a le droit d’être méchante si elle a faim).

Lisa comprit ce jour-là qu’il ne suffit pas de tout donner ou de donner ce qu’on préfère à celui qu’on aime ; il faut lui donner ce que, lui, désire, ce que, lui, préfère … sinon il meurt de faim.

Et celui qu’on aime, un jour de trop grande famine, pourrait oublier la force et la grandeur de ses canines, il pourrait vous dévorer.

Avant de préparer la cuisine ou avant d’aller te coucher, n’oublie pas de demander à celui que tu aimes de quoi il a faim ? Quel est son besoin, quelle est sa demande, son rêve et son désir … ?

N’oublie pas de lui dire, toi aussi, de quoi tu as besoin, quel est ton rêve et ton désir, sinon c’est toi qui risque de mourir de faim auprès de celle ou celui qui te donne tout ce qu’il a de meilleur sauf ce que tu lui demandes … »

 

Voilà…je dois à présent vous laisser car une petite houle se prépare, quelques nuages gris s’amoncellent dans le ciel, à l’horizon… Tempête en vue ? Va savoir. Ce qui importe, c’est qu’au-dessus de ce plafond grisonnant il y a une immensité toute bleue que nourrit les rayons d’un puissant soleil…alors respire, car ici et maintenant, tout se passe au mieux…

Ulysse, ton report'Air de Paix

 

Bienvenue à bord...

Une navigation en solid'air sur les flots de la folle sagesse ?

     Un défi supplémentaire ce matin, celui d'ajouter un récit qui aurait peut-être pu me faire échouer sur les récifs de la tristesse, de la solitude, du désarroi. Il s'en fut de peu, il s'en fut surtout d'une rencontre humaine, en la personne d'un grand Monsieur dont l'humilité et une immense bienveillance font de lui un homme extra-ordinaire capable, à force de patience et de minutie, d'accompagner un homme ordinaire à renaître de ses propres cendres. A un âge que l'on pourrait estimer de fin de vie, son immense jeunesse intellectuelle et sa fraicheur d'esprit m'ont sauvé la vie, sans aucun doute. Je fais référence à Monsieur Guy Avanzini, qui fut mon directeur de recherches lors de ma reprise d'études universitaires durant 4 années de septembre 2009 à janvier 2014. Ce que je nomme un sauveur de sauveteur. Un vrai.

Alors par où commencer ?

Revenons à la première décision de changement que je me suis imposé à l'âge de 20 ans. Celle d'un jeune homme perdu dans les études, dans des amphithéâtres regorgeant de jeunes comme lui qui ne trouvent pas leur place dans un monde universitaire à la sortie du lycée. Il a certes de bonnes excuses puisque sur ses bulletins de terminale C (baccalauréat scientifique de l'époque), ses professeurs ont sagement mentionné le fait qu'il s'agit d'un "littéraire perdu dans les matières scientifiques". Cruelle sentence pour celui qui fait ce qu'il peut pour survivre dans une classe qu'il n'a pas souhaité intégré, mais à qui on n'a pas laissé le choix, pour son plus grand bien. Afin que ses études lui permettent d'ouvrir le maximum de portes sur son avenir professionnel. Avec des parents enseignants, il faut se référer à ce constat sans appel. Manque de bol ce jeune homme se voyait plutôt brûler les planches sur les boulevards parisiens, monter sur scène, peut-être même pousser la chansonnette accompagné de sa guitare, faire rire et faire rêver. Mais les conseillers d'orientation ne savent toujours pas conseiller ce type d'orientation tellement aléatoire, tellement risquée. Mieux vaut apprendre à rentrer dans le rang et suivre sagement les programmes scolaires le plus longtemps possible afin de ... réussir.

A propos de réussite, lorsque les coefficients des matières scientifiques valent 5 fois plus que les autres disciplines, il faut ramer en permanence pour sortir la tête de l'eau. Le voyage d'Ulysse a sans doute commencé pour moi à l'aube de ma majorité. Bachelier lors d'une deuxième tentative, je fais un premier choix, celui de ne remplir aucun dossier pour une grande école. La mienne sera l'école de la vie au travers d'un engagement de 5 années dans le corps prestigieux des sapeurs-pompiers de Paris. Cela me vaut certaines moqueries de mes camarades de classe et de professeurs qui me disent que je n'ai aucune ambition.

Ma réponse fuse "Mon ambition est de sauver des vies ... Si vous avez mieux que ça je suis preneur."

A défaut d'allumer les planches, je vais entamer le difficile apprentissage d'aller les éteindre sur ces mêmes boulevards parisiens, dans les quartiers les plus prestigieux et même sur les scènes des plus grands théâtres, dans les coulisses bien sûr, à veiller sur les acteurs et le public, discrètement présent dans la pénombre des décors, dans ma tenue de sapeur-pompier. Je vais exercer passionnément et sans relâche durant vingt années. De jour comme de nuit, et très tôt me lancer dans la formation, en plus de mon lot d'interventions.

La bascule s'est faite dans ma tête à l'âge de 40 ans, au chevet de mon propre père que j'ai accompagné dans son dernier souffle à l'issue d'une maladie que vous connaissez bien car nous avons tous dans notre entourage des personnes qui en souffrent. Tumeur au foie. Les mots ont réellement commencé à se jouer de moi dans ces instants de détresse et de solitude, mais de nouvelles images me sont apparues. Celle d'un père qui quitte son corps à l'issue de son dernier souffle. Des images qui instantanément remettent en question toute la conception et les croyances qu'un homme peut avoir de la vie terrestre. Et encore plus pour quelqu'un qui a déjà affronté la mort de nombreuses fois dans le cadre de sa profession.

A cette époque, j'attends la sortie imminente de mon premier livre, "Retours d'interventions", écrit en partie pour expliquer à mes parents et mes proches ce qui fait qu'un étudiant s'engage chez les pompiers à l'âge de 20 ans et que deux décennies plus tard, il remercie ses parents d'avoir compris et encouragé ce choix. Mais ce livre, je l'ai également écrit pour un autre papa qui ne rentrera pas chez lui. Mon meilleur ami. Mort en plongée le jour de la fête des pères, avec un petit bout de 18 mois qui attend qu'il remonte à la surface ,sur un ponton d'un grand lac savoyard, en présence de sa maman désoeuvrée et anéantie. C'est ainsi que ma plume s'est réveillée et peu à peu révélée, dans une immense douleur.

Tôt le matin je n'avais pas le choix, je me levais et j'écrivais. Ne sachant même pas ce que je coucherais sur le papier. J'étais sorti de mon lit par une force qui me dépassait et m'invitait à poser les mots, et déposer les maux...ou l'inverse. Le cerveau ne fait aucune différence à ce sujet. Il s'autoguérit. Je l'ignorais à l'époque, mais je l'ai compris durant cette reprise d'études dans les pratiques sociales et les sciences humaines, dans le cadre de ma recherche-action. Vous l'avez compris, les études qui m'avaient perdu à l'âge de 20 ans m'ont permis de me découvrir et me retrouver, et surtout sauvé d'un burn-out qui couvait à mon insu.

Ce récit pourrait sembler très triste à celui qui le lit mais rassurez-vous, il ne l'est plus pour celui qui le rédige.

J'étais tout simplement passionné par mon métier, d'autant plus que je m'impliquais pleinement dans la formation de mes pairs depuis 15 années sans compter. Et c'est mon premier livre que Guy Avanzini a découvert un jour de "hasard" qui est venu me sortir de là. Peu à peu les choses se sont éclaircies, et j'ai commencé à renaître de mes cendres en milieu de quarantaine, les quarantièmes rugissant au chevet de mon père et du fait du départ de mon ami. Il m'a donc fallu découvrir et accepter les différentes étapes du deuil, me faire accompagner ; moi le sauveur de vies, afin d'oser admettre que la mienne passait avant celle des autres. Pas facile à comprendre lorsque votre métier accepte sans sourciller l'idée de son propre sacrifice pour aider et extraire l'autre des plus grands dangers.

Sans sourciller ? On en reparle quand vous voulez.

Vois-tu mon cher lecteur, voyez-vous chères sirènes qui accompagnaient cette croisière avec enthousiasme, je tiens à vous remercier personnellement et du fond du cœur de me permettre cette petite livraison matinale, car depuis une dizaine d'années maintenant c'est le moment le plus propice à mes écrits. Et je vous l'assure, les cris se sont transformés, via l'écrit. Pour mon plus grand bonheur. La souffrance a fait place nette au plaisir d'écrire, de lire, de chanter, de jouer la comédie (je joue actuellement ma première pièce de théâtre écrite par un ami ex-policier. Le titre ? "Bonjour Papa". Décidément il y en a quelque part qui ont beaucoup d'humour n'est-ce pas ?), et depuis janvier j'apprends le piano. Peut-être que celui ou celle qui a eu le courage de lire ce récit, ce court extrait d'une vie déjà bien remplie se demande ce qui me fait tenir dans tout ça ?

La réponse est limpide. L'amour. Trois petites flammes, trois grandes femmes, celles de mon foyer, mon épouse et mes deux filles.

Et puis aussi bien sûr, une révélation à l'âge de 40 ans sur ce que l'on nomme la surdouance, la zébritude. Un petit quelque chose de différent de la norme qui permet à la pensée d'être arborescente et établir des liens dans toutes les directions...en permanence. Une bombe qui couvait a explosé dans ma tête le jour où j'ai compris.

Ouf, vive la méditation de pleine conscience, et le yoga.

Je pourrais encore développer longtemps, vous parler d'Angeline, une petite fille de 9 mois que je n'ai pu ramener à la vie lors d'un incendie et qui m'a valu mon premier "transfert", ou de Zoé, une petite fille que j'accompagne vers des frais thérapeutiques avec la vente de mon quatrième ouvrage, mais je préfère vous rendre à vos journées respectives.

Tout cela pour vous dire que dans les tempêtes de la vie, les fumées qui s'épaississent et pourraient nous égarer proviennent de la même petite flamme intérieure qui nous anime et nous éclaire sur le chemin que l'on emprunte. Tout se joue en fonction de l'environnement du feu.

De ce constat, me vient cette envie réfléchie et assumée de prendre un nouveau virage professionnel et personnel en 2018, celui du Fire-Coaching, où désormais vous le savez, les mots s'écoulent dans mes livres sur fond d'amour et de sagesse, à la place de l'eau dans les tuyaux du pompier, et ceci afin de participer à calmer les nouveaux feux d'une société en quête de repères et en détresse.

Une quête alchimique en quelque sorte. Pourquoi 2018 ? Parce que j'aurai trente ans de bottes et cinquante balais, et que pour fêter ça j'envisage une année sabbatique, à vélo, un petit tour de France entre conférences, dédicaces et coaching. On en reparlera bien sûr, car je cherche des partenaires et des coorganisateurs pour ce que je nomme mon défi cyclutopique.

Belle journée à tous.

 

 

 

Lâcher l'obsession de la perfection !

     Partir à la rencontre de personnages inspirés et inspirants, comprendre que l'erreur est notre meilleure alliée pour apprendre et progresser, ne pas se renfermer uniquement sur "soi-m'aime", mais s'appuyer sur les expériences, les connaissances, les croyances, le vécu de ceux qui nous entourent..., c'est cela aussi qui permet d'oser...pas à pas aller vers soi-même...